Non, pas les déchets verts du jardin. Dans le Var, brûler à l’air libre les tontes, les feuilles mortes, les tailles de haie ou les branches de l’élagage est interdit toute l’année, en novembre comme en juillet. L’arrêté préfectoral sur l’emploi du feu, renouvelé en novembre 2025, le dit en une phrase. La seule porte qui reste ouverte concerne les végétaux coupés pour respecter le débroussaillement obligatoire, et encore : pas partout, pas n’importe quand, et jamais sans déclaration en mairie.
La confusion vient de là. On voit des fumées s’élever des collines à l’automne et on en déduit que la saison du brûlage est ouverte. Elle l’est pour certains propriétaires et pour certains végétaux. Voici comment savoir si vous en faites partie.
L’essentiel
- Les déchets verts issus du jardinage et de l’entretien des espaces verts ne se brûlent jamais dans le Var (article 2 de l’arrêté préfectoral de novembre 2025).
- Les végétaux issus du débroussaillement obligatoire peuvent être incinérés en période verte ou orange, sous conditions strictes, sauf en zone urbaine des 32 communes de l’aire toulonnaise couvertes par le plan de protection de l’atmosphère.
- En novembre, on est en période verte : feu autorisé de 5 h à 13 h, vent moyen inférieur à 40 km/h, déclaration en mairie au plus tard le jour même.
- Pour tout le reste, la solution passe par le broyage, le compost, le paillage ou la déchèterie.
Déchets verts et rémanents : deux catégories, deux régimes
Tout se joue sur un mot. L’arrêté distingue les déchets verts, c’est-à-dire les végétaux issus du jardinage et de l’entretien des espaces verts, et les rémanents, qui proviennent de l’exploitation agricole ou forestière et des obligations de débroussaillement.
Concrètement, la haie de pittosporum que vous taillez au printemps, la pelouse, les feuilles du platane et les fleurs fanées sont des déchets verts. Les cistes, la bruyère, les pins chétifs et les branches basses que vous coupez dans les 50 mètres autour de votre maison parce que la loi vous y oblige sont des rémanents de débroussaillement. Les premiers ne se brûlent jamais. Les seconds peuvent l’être, dans certains cas.
Si vous ne savez pas si votre terrain est soumis au débroussaillement, les distances et les zones concernées sont détaillées dans les règles du débroussaillement obligatoire dans le Var.
Les 32 communes où même le débroussaillement ne se brûle pas
L’aire toulonnaise est soumise à un plan de protection de l’atmosphère. Dans les communes qu’il couvre, l’arrêté interdit toute l’année le brûlage des rémanents de débroussaillement des particuliers en zone U des plans locaux d’urbanisme, et dans les parties urbanisées des communes qui n’ont pas de PLU.
La liste figure en annexe 1 de l’arrêté : Bandol, Belgentier, Bormes-les-Mimosas, Carqueiranne, Collobrières, Cuers, Évenos, Hyères, La Cadière-d’Azur, La Crau, La Farlède, La Garde, La Londe-les-Maures, La Seyne-sur-Mer, La Valette-du-Var, Le Beausset, Le Castellet, Le Lavandou, Le Pradet, Le Revest-les-Eaux, Ollioules, Pierrefeu-du-Var, Riboux, Saint-Cyr-sur-Mer, Saint-Mandrier-sur-Mer, Sanary-sur-Mer, Signes, Six-Fours-les-Plages, Solliès-Pont, Solliès-Toucas, Solliès-Ville et Toulon.
Une dérogation reste possible pour un terrain enclavé, sans accès pour un broyeur. Elle se demande en mairie au moins 10 jours avant l’opération.
À vérifier avant d’allumer
Le zonage de votre parcelle (zone U ou non) se lit sur le plan local d’urbanisme, consultable en mairie ou sur le Géoportail de l’urbanisme. Hors zone U, dans ces 32 communes, ce sont les règles générales de l’emploi du feu qui s’appliquent.
Quand peut-on brûler les rémanents dans le Var ?
L’arrêté découpe l’année en trois périodes, valables dans les bois, forêts, landes, maquis et garrigues et sur les terrains situés à moins de 200 mètres de ces espaces, c’est-à-dire sur une bonne partie des jardins varois.
| Période | Dates | Incinération des rémanents |
|---|---|---|
| Rouge | 1er juin au 30 septembre, plus les jours de vent moyen supérieur à 40 km/h, les jours de pollution et les prolongations décidées par arrêté | Interdite aux particuliers |
| Orange | 1er février au 31 mars | Possible, en absence totale de vent, avec déclaration en mairie |
| Verte | Le reste de l’année, donc d’octobre à janvier et d’avril à mai | Possible, vent moyen inférieur à 40 km/h, avec déclaration en mairie |
Fin octobre et en novembre, vous êtes donc en période verte, à condition qu’aucun arrêté de sécheresse ne prolonge la période rouge et que le vent reste sous les 40 km/h ce jour-là.
Les conditions à respecter le jour J
En période verte comme en période orange, le texte impose les mêmes précautions :
- allumer uniquement entre 5 h et 13 h, et jamais lors d’un épisode de pollution ;
- déclarer l’incinération en mairie au plus tard le jour même, avec le formulaire de l’annexe 4 ou la plateforme en ligne indiquée par votre commune ;
- ne pas placer le foyer sous des branches ;
- limiter chaque tas à 2 mètres de diamètre et 1 mètre de hauteur, entouré d’une bande débroussaillée et ratissée d’au moins 5 mètres ;
- surveiller en permanence, avec de quoi éteindre à portée de main ;
- éteindre uniquement par noyage, jusqu’à extinction complète.
Les agents assermentés peuvent faire cesser le feu à tout moment si l’une de ces conditions n’est pas remplie. Une commune peut aussi prendre des règles plus strictes que l’arrêté préfectoral : la déclaration en mairie est l’occasion de le vérifier.
Ce que vous risquez
Pour les déchets verts, Service-Public rappelle que le brûlage dans le jardin, à l’air libre ou dans un incinérateur, expose à une amende pouvant aller jusqu’à 750 €. Le non-respect des règles de l’emploi du feu près des espaces naturels est une contravention de 4e classe selon le code forestier.
Le vrai risque est ailleurs. Si votre feu échappe à votre contrôle et déclenche un incendie, l’arrêté renvoie aux peines du code pénal, et le fait de ne pas alerter immédiatement les secours est une circonstance aggravante. Votre assurance habitation pourra aussi se retourner contre vous en cas de faute.
Que faire de ses déchets verts à la place ?
Les solutions sont moins spectaculaires qu’un feu, mais elles ont l’avantage de nourrir le jardin.
Le broyage. C’est la solution que l’arrêté a en tête quand il ne prévoit de dérogation que pour les terrains inaccessibles au broyeur. Beaucoup d’intercommunalités varoises prêtent un broyeur ou organisent des broyages à domicile : renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre service déchets.
Le paillage. Le broyat étalé au pied des massifs limite l’évaporation et les arrosages, ce qui compte sous le climat varois. C’est l’un des piliers du jardin sec méditerranéen.
Le compost. Tontes, feuilles et petites tailles s’y décomposent bien, à condition de mélanger matières sèches et humides.
La déchèterie. Pour les grosses quantités ou les branches trop épaisses, c’est le dernier recours, avec les collectes de végétaux que certaines communes organisent.
Le cas des acheteurs
Si vous venez d’acheter une maison entourée de pinède ou de garrigue, le débroussaillement fait partie de vos obligations dès la première année, et la question de l’évacuation des végétaux se pose vite. Mieux vaut l’anticiper dès la visite, au même titre que les autres contraintes listées dans le guide pour acheter une maison dans le Var sans mauvaise surprise.
Sources
- Préfecture du Var, arrêté préfectoral n° DDTM-SPP-PSIGALE-2025-01 réglementant le brûlage des déchets verts et l’emploi du feu, recueil des actes administratifs n° 374 du 5 novembre 2025 (articles 1 à 3, 7, 8, 12 à 14, 17 à 19 et annexe 1), consulté en octobre 2026.
- Service-Public, « Peut-on brûler des déchets verts (végétaux) dans son jardin ? », fiche F31858, vérifiée le 26 février 2025. lien
- Code de l’environnement, article L. 541-21-1 ; code forestier, articles L. 131-6, L. 163-4 et R. 163-2.
Mis à jour le 1er novembre 2026.